L’eczéma

Dr. Agathe AOUN
Peau Atopique Eczéma

L’eczéma regroupe la dermatite atopique et l’eczéma allergique (de contact).

Je traiterai principalement de l’eczéma atopique dans ce chapitre.

L’atopie correspond à une réaction d’hypersensibilité de l’organisme à la présence d’une quantité faible d’allergènes, il ne s’agit pour autant pas d’allergie mais bien d’hypersensibilité ! Elle regroupe l’eczéma atopique, l’asthme, la rhinite allergique, la conjonctivite allergique et certaines allergies alimentaires.

La dermatite atopique débute généralement dans l’enfance (et parfois chez le nourrisson), par des plaques rouges suintantes et qui grattent, sur le visage (avant deux ans) et ensuite dans les plis de façon souvent symétrique. Les démangeaisons peuvent être très invalidantes, autant pour l’enfant que pour l’entourage, et source de complications (lichénification : épaississement de la peau qui devient quadrillée, et qui gratte encore plus… / surinfection bactérienne, notamment à Staphylocoque : impétiginisation, avec apparition de croutes jaunâtres / surinfection virale : herpès, coxvirus… / cicatrices cutanées).

L’évolution se fait de manière chronique (périodes de poussées et d’accalmie), et peut s’améliorer vers la puberté. Si ce n’est pas le cas, la DA perdure à l’âge adulte.

La prise en charge repose bien sur sur un mode de vie sain (alimentation équilibrée limitant les produits transformés et laitiers animaux, sucrés, etc… / gestion du stress / éviction du tabac), une hydratation cutanée quotidienne (avec de préférence un baume plutôt qu’un lait), et le traitement de la poussée dès que possible : les dermocorticoides ont alors toute leur place.

Il faut les appliquer le soir de préférence, sur peau lavée et séchée, en quantité suffisante (une noisette d’une phalange correspond à la surface de deux paumes de mains), et jusqu’à disparition des symptômes (c’est-à-dire disparition des rougeurs, suintements et démangeaisons). Il n’y a plus de nécessité de faire une décroissance progressive, on peut ensuite arrêter l’application. Parfois un traitement pro-actif (« WE-thérapie ») est prescrit si les récidives sont trop fréquentes. D’autres traitements locaux existent, comme le tacrolimus, sans cortisone, qui fonctionne particulièrement bien sur les atteintes du visage et des paupières.

Si les traitements locaux sont insuffisants, de la photothérapie peut être prescrite (honnêtement ici aux Antilles, si le soleil ne soulage pas du tout l’eczéma, il se peut que la photothérapie ne soit pas efficace), à raison de plusieurs séances par semaine.

Des traitements systémiques peuvent aussi être initiés (méthotrexate, ciclosporine…), sur plusieurs mois, avec surveillance biologique et s’il n’existe pas de contre indication.

Enfin de nouveaux traitements ont vu le jour et continuent à sortir sur le marché (Dupilumab, Olumiant…), disponible dès l’enfance, et globalement bien tolérés, permettant de nouveaux espoirs pour les patients atteints de DA.

Je réalise de façon régulière, sur un rythme mensuel, des ateliers d’éducation thérapeutique, généralement le samedi matin, pour les patients intéressés touchés par cette maladie. Le but étant de mieux comprendre la physiopathologie, l’évolution et les thérapeutiques.

Eczéma
Eczéma du plis du coude
Peau Atopique Eczéma
Peau atopique, eczématide